Lycée de l'Image et du Son d'Angoulême

LISA

Le Lycée de l’Image et du Son, ouvert à la rentrée 89/90, a commencé son existence porteur d’un projet ambitieux.

Le nouveau lycée devait être, certes, un lycée de plus, mais aussi un pôle d’attraction, de culture pour son quartier et s’insérer dans la politique promotionnelle de la ville. Ville de l’image, Angoulême avait son festival de la Bande Dessinée, le Centre Nationnal de la Bande Dessinée et de l’Image, elle aurait le Lycée de l’image et du Son.

Les origines

DSCN3466Dans les années 1985, il parait indispensable d’édifier un nouveau lycée en Charente. Les enquêtes menées par l’inspection académique du département démontrèrent que celui-ci devait être ouvert à Angoulême. La mairie de la ville proposa le site de Ma Campagne car l’expansion démographique et l’emplacement y étaient propice.

Dès le départ le projet fut ambitieux. Le nouveau lycée devait être, certes, un lycée de plus, mais aussi un pôle d’attraction, de culture pour son quartier et s’insérer dans la politique promotionnelle de la ville. Ville de l’image, Angoulême avait son Festival International de la Bande Dessinée, le Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image, elle aurait le lycée de l’Image et du Son. C’est ainsi que sous les auspices, le financement du Conseil Cégional de Poitou-Charentes et de la mairie d’Angoulême, en tant que maître d’ouvrage délégué, naquit le LISA.

Au nouveau Lycée il fallait un architecte, ce fut Jean-Jacques Morisseau (Paris). Cet architecte diplômé et scénographe a depuis 1983 participé à un grand nombre d’appel d’offres dans le domaine de l’architecture. Un prix lui a été décerné par un jury pour son projet Opéra de la Bastille à Paris. Il a construit le théâtre La Colonne à Miramas et a réalisé le centre culturel et la restructuration du centre d’Alberville.

Les caractéristiques

Ouvert à la rentrée 89-90, le lycée mesure 235 mètres de long sur 30 mètres de large. Le bâtiment principal offre 22000 m² de surface exploitable. Le coût de la construction est de 97,5 millions de francs, celui de l’équipement de 17,5 millions de francs. Le chantier aura duré de septembre 1988 à septembre 1989.

Abritant avant tout un lycée conduisant aux baccalauréats L, ES, S. Il offre des options théâtre et cinéma, deux sections sportives (athlétisme et judo), il dispose des équipements lui permettant d’offrir les meilleures conditions de travail aux BTS Audiovisuel et Expression Visuelle. De ce point de vue, le LISA est aussi une station de télévision régionale dotée d’une salle de spectacle multimédia de 250 places. Le tout est câblé et interactif.

Conçu pour 1200 élèves ou étudiants (dont 222 internes), il restera, probablement en deçà de ce chiffre, compte tenu des nouvelles normes issues de la rénovation des lycées. Enfin, entre 150 et 160 salariés de l’Education Nationale et de la Région Poitou-Charentes font fonctionner cet ensemble.

L’architecture

Un acte d’architecture urbaine

DSCN3443A différentes époques, la volonté urbaine a voulu marquer une étape de sa croissance ou unir par un monument symbolique ses mues successives. Le LISA est un trait d’union entre la vieille et la nouvelle ville. il est une porte, un lien entre ces deux étapes. C’est pourquoi le bâtiment offre différents aspects. L’architecte a voulu un contraste très fort entre l’architecture intérieure et l’architecture extérieure…

Les murs extérieurs du bâtiment donnent l’impression d’être des murs d’enceinte… L’extérieur présente l’apparence d’une construction pure et lisse. L’édifices a des lignes agrémentées de colonnes ruinées, d’un obélisque, d’une porte sur la rue. Le tout recouvert d’une céramique blanche avec laquelle jouent la lumière et le temps. Ainsi sont matérialisées les limites entre la vieille ville et la nouvelle cité. DSCN3439L’obélisque est un signal d’identification qui est reconnu de loin : face aux clochers de la vieille ville, il marque la vitalité de la ville nouvelle. Par contre l’intérieur est polychrome et convivial. C’est une tranche de ville qui s’organise le long d’une rue couverte intérieure, lieux d’échanges et de communications. Au rez-de-chaussée sont les équipements public, les étages sont réservé à des activités nécessitant plus de calme. On a aussi pu parler de la rue de clin d’oeil Hollywoodien s’opposant à la rigueur néoclassique de l’extérieur.

Un livre d’architecture

C’est vrai qu’il faut partir à la découverte du clin d’oeil qu’est le LISA, pour réaliser à quel point l’architecte a joué avec de multiples formes par ailleurs bien connues : DSCN3429 Observez dans les portes extérieures de l’obélisque, des satellites, les proportions tirées de l’architecture égyptienne. L’obélisque lui-même… d’inspiration égyptienne, certes, mais les proportions sont-elles les bonnes ? La colonnade sur la place Félix Gaillard est gréco-latine, tel un décor de théâtre. Le rapport entre le soubassement et la colonnade est-il celui utilisé par les architectes antiques ?

La porte sur la rue de Libourne… quel style ? Les satellites…. chapelles néopalladiennes ? Il y a sur la façade sud des emprunts à l’architecture high-tech… un clin d’oeil ! Sur la façade nord, les cuisines sont installées dans un temple gréco-latin. L’extrémité ouest s’achève par un pont japonais et une colonnade faussement tombée du troisième étage.DSCN3444 L’intérieur du bâtiment est non moins étonnant, la nef que d’aucuns pourraient voir d’inspiration égyptienne, étonne par ses proportions et ses palmiers. La palmeraie du LISA est une réalité… qui est visible de l’entrée. Mais il faut aussi aller au dernier étage où couleurs, colonnades et lumière sont dignes de l’architecture italienne ou de l’imagination de Pierre Le Grand à Saint-Pétersbourg.

Le LISA est donc un lycée, mais il est aussi beaucoup plus : il a été voulu et est aussi en lui même un lieu de culture et d’apprentissage du beau. Les cathédrales du Moyen-Age étaient des lieux de symboles accessibles à tous. Il en est de même pour le LISA.